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Quelle équipe de rugby est suffisamment folle pour graver son logo sur le sol d'une basilique ? Aucune, pas même la plus titrée d'entre toutes. Pourtant, impossible de ne pas voir la mosaïque au sol de la célèbre Basilique Saint-Sernin... En réalité, il ne s'agit pas tout à fait du logo du Stade Toulousain, mais plutôt d'un illustre parent. 

Dans la crypte de Saint-Sernin, le logo du Stade Toulousain !

Dans la crypte de Saint-Sernin, le logo du Stade Toulousain !

L'oeuvre d'un prêtre fou du ballon ovale ? 

Au risque de décevoir les aficionados de rugby, cette mosaïque ne célèbre pas Saint Stade Toulousain, mais Saint Thomas d'Aquin.

C'est Eugène Viollet-le-Duc (encore lui !) qui a profité de la rénovation de la Basilique pour écrire, en 1874, les deux lettres en mosaïque. Puisque le club rouge et noir n'est né que trente ans plus tard, il n'a jamais eu l'occasion de compter Thomas d'Aquin dans son quinze de départ. 

En entrelaçant ses initiales, l'architecte voulait signifier la présence, dans la chapelle Saint-Esprit, des reliques de Saint Thomas d'Aquin. 

La folle coupe de cheveux de Saint Thomas d'Aquin (crédit SRP)

La folle coupe de cheveux de Saint Thomas d'Aquin (crédit SRP)

Saint Thomas d'Aquin, ce faux toulousain 

Du reste, Saint Thomas d'Aquin n'a jamais mis un pied à Toulouse (sans doute à son grand désarroi). Né en 1225 près de Naples, ce Dominicain est le fondateur de l'Université de Milan et le premier à avoir tenté de réconcilier philosophie, raison et foi. S'en est suivie une véritable révolution philosophique, tranquillement.

Canonisé un demi-siècle après sa mort, Thomas d'Aquin devenu Saint est enseveli, cent ans plus tard, au sein des Jacobins, après que la cathédrale toulousaine ait été jugée la plus belle de la chrétienté. Il aurait enfin pu y reposer en paix... mais c'était sans compter sur Napoléon qui, suite à la Révolution Française, fit momentanément des Jacobins une caserne militaire. Les reliques de notre bon Thomas sont alors déplacées à Saint Sernin - d'où la mosaïque - et ne retrouveront les Jacobins qu'en 1974.

Le sublime cloître des Jacobins

Le sublime cloître des Jacobins

Mais finalement, ce logo...
coïncidence insolite ou référence assumée ? 

Ni l'un ni l'autre. Evidemment, la ressemblance entre les deux symboles est si frappante qu'elle a engendré son lot d'hypothèses et de légendes. Selon la plus probable, c'est Lucien Cézéra, dirigeant du club dans les années 1950, qui aurait modernisé ce sigle centenaire pour en faire le blason du Stade Toulousain.

Connu pour son indépendance, le club haut-garonnais s'est émancipé de ce potentiel héritage depuis fort longtemps. D'ailleurs, le blason du Stade, désormais frappé de quatre étoiles et fièrement porté aux quatre coins de l'Europe, écrase probablement de sa notoriété la mosaïque de Saint-Sernin. 

Pourtant, il ne faudra plus s'étonner la prochaine fois que Toulouse s'imposera en terre promise...

Le logo du Stade Toulousain (sans ses folles quatre étoiles)

Le logo du Stade Toulousain (sans ses folles quatre étoiles)

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